Le trek Landmannalaugar attire autant par ses montagnes de rhyolite multicolores que par ses sources chaudes et ses paysages volcaniques. Je présente ici les itinéraires adaptés à une excursion d’une journée, le célèbre Laugavegur sur plusieurs jours, les accès, les refuges, le budget, l’équipement et les précautions indispensables pour randonner sereinement dans les Highlands islandais.
Les repères essentiels pour préparer votre randonnée
- Itinéraire phare : le Laugavegur relie Landmannalaugar à Þórsmörk sur environ 55 km en 4 jours.
- Période conseillée : la randonnée se pratique généralement de fin juin à mi-septembre, selon l’ouverture des pistes et l’état des sentiers.
- Accès : les routes F208 et F225 exigent un véhicule 4x4 autorisé ou un bus des Highlands.
- Difficulté réelle : le sentier est balisé, mais le vent, le brouillard, la neige et les gués peuvent rendre certaines étapes exigeantes.
- Réservations : refuges, campings, bus et parking doivent être anticipés pendant la haute saison.

Landmannalaugar se découvre de deux façons
Landmannalaugar se trouve dans la réserve naturelle de Fjallabak, au cœur des hautes terres du sud de l’Islande. Le contraste entre les coulées de lave noire, les montagnes de rhyolite rouge, jaune et verte, les fumerolles et les rivières chaudes explique pourquoi je considère cette région comme l’un des meilleurs terrains de randonnée du pays.
Il faut toutefois distinguer la randonnée autour du camp de Landmannalaugar et le trek itinérant vers Þórsmörk. La première convient à une excursion d’une journée, tandis que la seconde demande une vraie préparation, plusieurs nuits en refuge ou sous tente, ainsi qu’une certaine autonomie.
Pour une excursion d’une journée
La boucle de Laugahraun est le choix le plus accessible. Elle mesure environ 5 km et demande près de 2 heures, avec un parcours à travers un champ de lave et de belles vues sur les reliefs colorés.
Le sommet de Brennisteinsalda ajoute environ 3,5 km et une heure de marche. Pour une sortie plus sportive, l’ascension du Bláhnúkur représente environ 4 à 10 km selon la variante, avec une montée raide et un panorama remarquable. Je la recommande uniquement par visibilité correcte, car les pentes peuvent devenir glissantes et exposées au vent.
Pour une véritable traversée
Le Laugavegur relie Landmannalaugar à Þórsmörk sur environ 54 à 55 km. C’est l’option la plus complète, car elle enchaîne champs de lave, déserts de sable noir, lacs, canyons, glaciers et vallées boisées.
La durée classique est de quatre jours. Il est possible de réduire la traversée à trois jours, mais la première étape atteint alors environ 24 km. À mon avis, le rythme de quatre jours est préférable pour profiter des paysages et conserver une marge en cas de mauvais temps.
Le Laugavegur en quatre jours
Les distances ci-dessous sont des repères. Le temps réel dépend du vent, de l’état du sol, des pauses et des détours autour des refuges. Dans les Highlands, je préfère toujours prévoir une heure de sécurité plutôt que de calculer l’itinéraire au kilomètre près.
| Étape | Distance | Durée indicative | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Landmannalaugar à Hrafntinnusker | 12 km | 4 à 5 h | Montée de 470 m, lave, neige possible et brouillard |
| Hrafntinnusker à Álftavatn | 12 km | 4 à 5 h | Ravins enneigés, descente rocheuse et premier gué |
| Álftavatn à Emstrur | 16 km | 6 à 7 h | Sable noir, terrain exposé et plusieurs traversées d’eau |
| Emstrur à Þórsmörk | 15 km | 6 à 7 h | Canyons, descente de 300 m et traversée de la Þröngá |
La première journée est plus sérieuse qu’elle n’en a l’air
Depuis Landmannalaugar, le sentier monte progressivement vers Hrafntinnusker. L’ascension n’est pas de l’alpinisme, mais les 470 m de dénivelé se font sur un terrain irrégulier, parfois humide ou recouvert de neige, avec très peu d’abris.
Le secteur devient particulièrement délicat lorsque le brouillard tombe. Les balises peuvent alors être difficiles à repérer. Je conseille de télécharger la trace hors ligne et de ne jamais quitter le sentier pour prendre un raccourci.
La deuxième étape concentre plusieurs difficultés
Entre Hrafntinnusker et Álftavatn, le sentier traverse des ravins où la neige peut former des ponts instables. La descente vers la rivière Grashagakvísl est parfois glissante, avant une arrivée plus douce autour du lac Álftavatn.
Cette section offre aussi certains des plus beaux panoramas du parcours, notamment par temps clair avec les glaciers en arrière-plan. Si la visibilité est mauvaise, je privilégie la prudence et les indications du gardien de refuge plutôt qu’une progression coûte que coûte.
Le désert de sable noir demande de l’endurance
L’étape entre Álftavatn et Emstrur est longue, avec environ 16 km de marche. Après Hvanngil, le paysage s’ouvre sur le Mælifellssandur, un désert volcanique spectaculaire mais très peu abrité du vent.
Le sable ralentit la progression et les gués peuvent grossir après la pluie. Le refuge d’Emstrur permet ensuite de rejoindre le canyon de Markarfljótsgljúfur par une courte randonnée d’environ 4,5 km aller-retour.
La dernière journée change complètement d’ambiance
Le sentier quitte progressivement les paysages minéraux pour rejoindre la végétation de Þórsmörk. Plusieurs rivières sont franchies sur des passerelles, mais la Þröngá se traverse généralement à pied et peut devenir difficile après de fortes précipitations.
L’arrivée dans les bouleaux de Þórsmörk donne une vraie sensation de récompense. Pour prolonger l’aventure, certains randonneurs ajoutent le sentier de Fimmvörðuháls jusqu’à Skógar, mais cette extension mérite une préparation séparée et ne doit pas être improvisée.
Saison, accès et réservations à anticiper
La saison de randonnée s’étend en pratique de fin juin à la mi-septembre. Les dates varient selon la neige, les crues et la décision des autorités routières. Même en été, une chute de neige sur les hauteurs reste possible, surtout autour de Hrafntinnusker.
Rejoindre Landmannalaugar
La solution la plus simple depuis Reykjavík est le bus des Highlands. En 2026, certains services réguliers annoncent Landmannalaugar entre le 19 juin et le 4 septembre, avec un billet depuis Reykjavík affiché autour de 14 900 ISK. Le pass randonneur, qui combine plusieurs trajets, est annoncé autour de 27 900 ISK.
En voiture, l’accès passe notamment par les pistes F208 ou F225, puis par la F224 sur les derniers kilomètres. Il faut un 4x4 explicitement autorisé par le loueur. Un simple véhicule à transmission intégrale ne garantit pas que l’assurance couvre l’itinéraire ou les passages à gué.
Pour la saison 2026, les véhicules arrivant entre 9 h et 16 h du 20 juin au 13 septembre doivent réserver leur parking et payer un service d’accès. Le tarif indiqué pour une voiture familiale jusqu’à cinq places est de 1 500 ISK, hors éventuelles évolutions du dispositif.
Ne pas se fier uniquement à la date du billet
Un bus réservé ne signifie pas automatiquement que le sentier sera praticable. Je vérifie toujours l’état des pistes, la météo et les informations données par les gardiens le matin du départ. Les sites de l’administration routière islandaise et de SafeTravel restent les références à consulter avant de partir.
En dehors de la saison estivale, l’accès en 4x4 de location standard est à exclure. Les conditions hivernales nécessitent un super-jeep adapté, un conducteur expérimenté et un équipement spécifique.
Hébergement et budget sans mauvaise surprise
Le long du Laugavegur, on trouve des refuges et des campings aménagés à Landmannalaugar, Hrafntinnusker, Álftavatn, Emstrur et Þórsmörk. Les places sont limitées et les refuges affichent souvent complet plusieurs semaines ou mois à l’avance.
| Option | Avantage | Limite | Préparation nécessaire |
|---|---|---|---|
| Refuge | Matelas, cuisine et abri contre le vent | Dortoir partagé et capacité limitée | Réserver tôt, prévoir un sac de couchage |
| Camping | Moins lourd financièrement et plus flexible | Vent, pluie, froid et tente exposée | Réserver l’emplacement et emporter un matériel fiable |
| Excursion guidée | Logistique et sécurité encadrées | Budget plus élevé et dates imposées | Comparer le transport, les repas et le portage inclus |
Le refuge de Landmannalaugar affiche actuellement un tarif de 17 000 ISK par personne. Les prix des autres refuges, des campings et des transports peuvent changer, donc je les considère comme des repères de planification plutôt que comme un budget définitif.
Il faut aussi prévoir les repas. Les cuisines disposent généralement de réchauds et d’ustensiles, mais il n’y a pas de ravitaillement régulier comparable à celui d’un itinéraire alpin très fréquenté. Je pars avec des aliments légers, caloriques et faciles à préparer, en gardant une petite réserve pour une journée supplémentaire.
Le budget total dépend donc surtout du choix entre tente et refuge, du transport depuis Reykjavík et de l’équipement déjà disponible. Pour quatre jours, le poste qui augmente le plus rapidement est souvent l’hébergement en refuge, suivi du transport et de la location éventuelle du matériel de sécurité.
Équipement et sécurité dans les Highlands
Le climat islandais peut passer du soleil à la pluie froide en quelques minutes. Les températures estivales observées sur le parcours tournent souvent autour de 5 à 14 °C le jour, avec des nuits pouvant descendre vers 0 °C. Un vent supérieur à 10 ou 12 m/s suffit à rendre une étape très inconfortable, même sans précipitations.
La liste que je juge vraiment indispensable
- Veste et pantalon imperméables, avec une vraie protection contre le vent.
- Trois couches de vêtements : couche respirante, couche chaude et couche extérieure.
- Bonnes chaussures de randonnée imperméables, déjà rodées, avec semelle accrocheuse.
- Sandales ou chaussures de gué pour traverser les rivières sans marcher pieds nus.
- Bâtons télescopiques, particulièrement utiles dans les descentes instables.
- Carte papier, GPS ou carte hors ligne, boussole et batterie externe.
- Sac étanche ou housses imperméables pour protéger duvet, vêtements et électronique.
- Lunettes de soleil, crème solaire, bonnet et gants, même en plein été.
- Trousse de secours, couverture de survie et traitement personnel.
Avec un hébergement en refuge, je vise un sac de 8 à 10 kg sans eau excessive. En camping, le poids monte rapidement et peut dépasser 12 kg. Un sac trop chargé gâche les longues étapes, surtout lorsque le vent souffle de face sur les plateaux.
Traverser les rivières sans prendre de risque inutile
Le niveau des rivières varie avec la pluie, la fonte et l’heure de la journée. Les eaux sont souvent plus basses le matin, mais je ne traverse que si le gardien ou les conditions locales confirment que le passage est sûr.
Je desserre les sangles ventrale et pectorale du sac avant d’entrer dans l’eau. Je choisis la partie la plus large et la moins rapide, je garde mes chaussures de gué et je ne me fie pas automatiquement à l’endroit où passent les véhicules. Si le courant est puissant ou si l’eau monte au-dessus des genoux, je renonce.
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Prévoir une marge de sécurité
Le réseau téléphonique est irrégulier et les refuges ne disposent pas nécessairement de Wi-Fi. Pour un itinéraire isolé, je recommande de laisser son plan de voyage à une personne fiable et d’envisager un PLB ou une balise satellite.
En cas d’urgence en Islande, le numéro est le 112. Le plus important reste toutefois de ne pas attendre la situation critique pour faire demi-tour, raccourcir une étape ou rester une nuit supplémentaire au refuge.
Enfin, le respect du terrain fait partie de la sécurité collective. Je reste sur les sentiers balisés, je campe uniquement dans les zones autorisées et je ne marche jamais sur la mousse fragile. Dans la source chaude, le savon, le verre et les déchets sont interdits, et la passerelle aménagée doit être utilisée pour protéger les zones humides.
La règle qui rend ce trek vraiment réussi
Je retiendrais une seule règle pour Landmannalaugar : préparer un itinéraire souple. Réserver les refuges ou les campings, oui, mais garder une journée ou au moins quelques heures de marge permet de composer avec le vent, les gués et les fermetures de pistes.
Pour une première expérience, je choisirais quatre jours sur le Laugavegur, un sac raisonnablement léger et un départ matinal. Pour un séjour plus court, la boucle de Laugahraun ou l’ascension du Bláhnúkur offrent déjà un aperçu spectaculaire de la région, sans transformer une excursion en course contre la météo.